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24 juillet 2010 6 24 /07 /juillet /2010 08:00

 


 

Mini-Doigt-II-05JPG.JPG

 

Grands Crocs avait trop bu, il fut banal, tout au plus,  sa mama critiqua  sa fornication au rabais, sans inspiration, puis dormit, lui non, il tournicota dans son lit, insatisfait, râlant . Jarnicoton, sans sang ça n'allait pas, il lui aurait fallu du sang frais bouillonnant, là, sur l'instant ! Il ronchonna : "pour ma consolation, zigouillons  nos zoziaux." Muni d'un poignard malais il grimpa au dortoir, tâta un lit où il toucha un bibi royal, puis trois, puis cinq. "Ah, voilà nos nanas à nous", murmura-t-il , souriant ! Voyons ici, plutôt ! Il palpa un bob, puis trois, puis cinq: "voilà mon plat pour lundi". Salivant, il trancha, coup sur coup, six cous plus un, ravi, ricanant : "la procrastination , d'accord, pour du sang frais, jamais, ha,ha,ha !" Puis, sanguinolant, il alla dormir, satisfait du travail accompli.

 

Quand il ronfla, Mini Doigt, suivi par six gamins blafards,  sortit du manoir, courut, courut dans la nuit, Orion guidant son pas.

 

Mini Doigt II 06JPGMatin fatal au logis du viandard ! la mama vit sa smala gisant dans un bain sanglant : la mort avait puni son bon fond, trop bon, trop con dit un dicton ! Grands Crocs, furax, la frappa à bras raccourcis puis chaussa la santiag du lutin, qui d'un pas faisait dix yards. Furibard, il fonça droit sur nos fugitifs, son flair l'aidant. Mais d'avoir trop bu lui coupait son grand pas ; il fatigua tant qu'il stoppa sur un roc moussu, ahanant, s'y affala puis roupilla aussitôt. Or, là, oui là, ni plus ni moins loin, il y avait nos amis, rompus, fourbus, mais vivants. Mini Doigt qui a compris qu'au botillon du lutin, Grands Crocs doit son grand pas, tira, tira, tira, l'ôta du ripaton poilu, l'utilisa pour lui. Son botillon si gros fut aussitôt, lutin aidant, un botillon raccourci.

Mini Doigt avait un plan, mûri durant la nuit. Il chuchota : "Frangins, nous passons au col ici, puis nous courons au lac qu'on voit brillant. Là-bas nous connaissons, pour la maison, toujours tout droit, au bord du ru joli. Moi, j'ai un boulot à finir au logis du viandard. Partons, Grands Crocs n'ira plus courant, pour sûr, mais il faudra courir, vous, suivant Fils Un qui connaît un parcours partant du lac, jusqu'à la maison !


Mini Doigt trouva la mama divaguant, l'air hagard, un piochon à la main, forant un trou où finirait sa smala qui baignait dans son sang coagulant ! Il lui annonça qu'un brigand voulait tout son or, sinon Grands Crocs mourrait aujourd'hui ; il l'avait pris pour commis, gardant son mari au bout d'un tromblon.

Inoui, mais pourtant vrai, la mama ramassa tout l'or, lui confia son magot, craignant la mort pour son mari. Trop bon, trop con ? Admiration ? Au choix !

 

Mais, pour ça, Mini Doigt n'aura pas nos bravos ! Il arriva au soir dans la maison où tout un chacun riait, dansait. Un grand cri pour lui lorsqu'il sortit un million d'un sac fort lourd : "Pour Mini Doigt hip, hip, hip, hourra". Papa, maman, six frangins plus joviaux qu'un bataillon d'oisons sur un lac : voilà qui lui donnait goût à un grand saut dans l'inconnu : la cour, l'amour aussi s'offrant à lui, il allait tout saisir, sauvant ainsi tout son clan, chassant la faim, pour toujours.

 

Il put, soldat, (caporal, puis commandant, il finit amiral)  son botillon aidant, accomplir maints faits qui l'ont mis au rang d'un duc ; on a dit qu'il pouvait tout au Palais, son Roi voulant toujours avoir son avis ; ainsi, il prohiba d'un coup l'utilisation du bob paysan à pompon, nul n'a jamais su pourquoi.

 

Eugène Vireleu *

 

  * Dorénavant mes lipogrammes seront signés par mes hétéronymes

 

 

 

 

 

 

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Published by Olivier de Vaux - dans LIPOGRAMME
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commentaires

Olivier de Vaux 26/07/2010 21:47



@ Marité, Quichottine, Lenaïg Boudig, Nounedeb, Jill bill : Eugène est heureux de voir que son écriture vous a plu. Il a proposé à ses copains un nouveau texte ; ce sera pour le mois prochain.


 



jill bill 26/07/2010 15:51



Je me joins au bravo... Bel exercice de style, faut l'faire ! Amicalement sieur Olivier



Nounedeb 25/07/2010 17:19



Juste: Bravo!



Lenaïg Boudig 25/07/2010 12:34



Fascinant, mirobolant ! Les "six cous plus un" tranchés restent en travers de la gorge, mais c'est l'histoire, ce n'est pas toi qui l'a inventé. Donc, d'autres lipogrammes à venir chez toi,
agréable perspective ! A bientôt, Sieur de Vaux !



... Quichottine en pause ... 25/07/2010 07:39



Ton Eigène Vireleu a beaucoup de talent. ... mais il a cinq "e" dans sa signature.


Passe une belle journée, Olivier.