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19 août 2012 7 19 /08 /août /2012 16:11

Eh bien, je vous invite à écouter ce bon  Abbé de Lattaignant.

Par la même occasion, celles et ceux qui ne connaissent pas encore

Litteratureaudio.com

seront sans doute contents.


Le mot et la chose

 

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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 09:25

Pour assaisonner cette journée, une pincée de Pierre Rabhi.

 

" Sachez que la Création ne nous appartient pas, mais que nous sommes ses enfants.

" Gardez-vous de toute arrogance car les arbres et toutes les créatures sont également enfants de la Création.

" Vivez avec légèreté sans jamais outrager l'eau, le souffle ou la lumière.

" Et si vous prélevez de la vie pour votre vie, ayez de la gratitude.

" Lorsque vous immolez un animal, sachez que c'est la vie qui se donne à la vie et que rien ne soit dilapidé de ce don.

" Sachez établir la mesure de toute chose.

" Ne faites point de bruit inutile, ne tuez pas sans nécessité ou par divertissement.

" Sachez que tous les arbres et le vent se délectent de la mélodie qu'ensemble ils enfantent,

" et l'oiseau, porté par le souffle, est un messager du ciel autant que de la terre.

" Soyez très éveillés lorsque le soleil illumine vos sentiers 

" et lorsque la nuit vous rassemble ayez confiance en elle,

" car si vous n'avez ni haine ni ennemi, elle vous conduira sans dommage,

" sur ses pirogues de silence, jusqu'aux rives de l'aurore.

" Que le temps et l'âge ne vous accablent pas, car ils vous préparent à d'autres naissances,

" et dans vos jours amoindris, si votre vie fut juste, il naîtra de nouveaux songes heureux,

" pour ensemencer les siècles.

 

Pierre Rabhi, Extrait du Recours à la Terre, Terre du ciel, 1995

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27 décembre 2010 1 27 /12 /décembre /2010 08:00

 

Tricôtine

nous propose de relever le défi suivant :

 vous devrez intégrer "Noël au balcon" ainsi que trois autres parties de dicton dans votre écrit.

 Noël au balcon

 

Bientôt minuit,

  je l'ai eu ce rendez-vous 

attendu depuis des semaines.

Moi qui n'exige rien mais qui désire beaucoup,

j'ai pu à la chandelle,

lire le billet de Juliette.

Le moment est propice pour les bons coups .

Me voilà enfin en bas de sa maison,

mais ... ce n'est pas Juliette ...

c'est Noël au balcon !

 

P.S. Je vous laisse chercher un peu les  parties de dicton intégrées dans  mon écrit. Solution demain dans les commentaires.

Homme au balcon

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13 décembre 2010 1 13 /12 /décembre /2010 08:00

 

Vous avez rencontré une célébrité : racontez au moins deux histoires consacrées à  une rencontre de ce type et faites deviner laquelle est fausse !  et si les deux le sont, faites croire le contraire. Tel est le  défi que Hauteclaire me demande de relever ; voici donc deux histoires dans lesquelles je rencontre une célébrité .

 

 

 

Ma grand-mère devait rendre une visite de parentèle dans le village voisin. C'était l'occasion, pour elle, de montrer son petit fils, unique rejeton mâle d'une lignée peu prolifique. Je trottinais à côté d'elle, la précédant souvent sur le chemin rose bordé de vert décoré de bouses fraîches et parfumées d'où les mouches s'envolaient en vrombissant dès que nos ombres les recouvraient.

Nos lointains cousins s'appelaient Blanc ce qui explique sans doute le fait qu'ils étaient abstèmes, ne digérant pas les plaisanteries relatives à la boisson. C'est ainsi que je fis connaissance du père Blanc qui avait été missionnaire en Afrique noire, de son épouse Sandra, lingère, et des deux garçons, Aka le futur Procureur de la République et Loup, le célébrissime Loup.

Comment, vous ne le connaissez pas ? Pourtant c'est une référence absolue, on dit bien partout de tel ou tel personnage célèbre, qu'il est connu comme le Loup Blanc ! Depuis cette époque reculée je voue une admiration sans borne aux célébrités et je méprise avec ostentation les hommes et les femmes illustres qui n'ont pas acquis cette célébrité tant convoitée par tous ceux qui ignorent l'adage : pour vivre heureux vivons cachés. Ah, les cons !

 

Nous étions, mes copains et moi, dans le bac à sable de notre immeuble, encadré de quatre petits arbres rachitiques, récemment plantés pour égayer les abords ; nous jouions à la balle au prisonnier ou peut-être à chat perché lorsque notre attention fut attirée par une voiture (c'était une denrée fort rare dans le quartier au début des années cinquante). J'ai oublié le modèle, pourtant j'étais incollable étant donné que j'avais une magnifique planche tout en couleurs représentant les 100 modèles existants dans le monde (jamais je n'aurais cru qu'il puisse y en avoir d'autres puisque c'était écrit).

Si j'ai oublié de quelle auto il s'agissait, par contre je n'ai pas oublié celui qui la conduisait : une célébrité absolue et incontestable, encore qu'à l'époque, du haut de mes 7 ans, je ne le connaissais pas du tout, c'était l'Homme Invisible ! Nous nous sommes tous agglutinés à la portière pour constater, stupéfaits, qu'il n'y avait personne dans la voiture, pourtant le klaxon beuglait et les fenêtres de l'immeuble s'ouvraient une à une. Quelques instants plus tard nous eûmes un moment de frayeur lorsque le siège du conducteur bascula brutalement sur le volant et qu'un monsieur fort bien mis, endimanché même, s'extirpa de sa cachette, défroissa sa veste de costume, ajusta sa cravate, et, nous confiant la garde de son engin, monta les trois étages le séparant de ses amis, qui n'étaient autres que les parents de ma copine et voisine de palier Sylviane.

 

 

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15 novembre 2010 1 15 /11 /novembre /2010 08:00

 Lyly Jane

de la Communauté des Croqueurs de Mots nous a proposé le défi suivant :

 

 

Le portrait de mon maître


OUAH, OUAH, OUAH


Ouah, mon maître est un humain très rigolo

Un homme simple qui me joue du pipeau

Au printemps il me filme avec sa caméra

Hier il m'a lu le Coran et aussi la Torah



On va dans la forêt et on va au bistro

Un jour on est allé faire un tour en bateau

Après, il m'a offert un grand Coca-Cola

Hélas, je n'ai pas pu le boire, pouah



Où qu'il aille je vais, même un jour au zoo

Un triste souvenir, ce n'était pas bien beau

Alors on est allé voir un film au cinéma

Histoire de s'amuser, "Le chat du Padischah"

 

                                                                                                                               Françouah, le chihuahua

 

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1 novembre 2010 1 01 /11 /novembre /2010 08:00

Jill Bill, de la Communauté

des Croqueurs de Mots nous lance le défi suivant :

  Le CHOCOLAT dans tous ses états.

 

 

 Charlotte-au-chocolat-copie-1.JPG  

A Lulu pour la vie chocolat


J'ai senti le choc, ho là là

Du chocolat au lait

Que l'on a bu au lit

Après un grand tour en vélo

Avec la p'tite Lulu.

On a bu et mangé tout plein de petits Lu

On s'est aspergé avec du parfum et de l'eau

On sentait la lavande et même le patchouli

On a comparé nos mains et nos mollets

On a chanté Brassens avec des la la la.

Qu'il était bon, qu'il était bonbon,

Bonbon caramel esquimau chocolat

Qu'il était chaud mon chocolat au lait au lit

Que j'ai bu après ce grand méli-mélo

Avec, belle à croquer, fondante à souhait, la p'tite Lulu.

Chocolat aux noisettes, comme les yeux de Lulu

Chocolat à l'orange, comme ma selle de vélo

Chocolat à la menthe, l'amante dans mon lit

Chocolat glacé dans nos bouches endiablées

Chocolat brûlant de nos corps d'Attila.

Un choc, holà,

Deux chocs, olé

Trois chocs, au lit

Quat' chocs, à l'eau

Cinq chocs, Luluuu !

 

 

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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 08:00

 

Les croqueurs de mots proposent, sous la houlette d'An ni, de relever le défi suivant :

 

récit sous la forme de votre choix , seul impératif : utiliser

toutes les couleurs de l'arc-en-ciel dans le texte ; 

Pour le consensus >> on utilisera L'arc-en-ciel , selon Isaac Newton ,

à savoir , telles les 7 notes de la gamme ,

les 7 couleurs suivantes :

rouge , orange , jaune ,vert , bleu , indigo , violet .



Victime d'un éblouissement, je n'ai employé aucun des adjectifs énumérés ci-dessus tout en respectant malgré tout la consigne!

Serai-je disqualifié ? Je redoute le pire !

 

arc-en-ciel

 

Bébert fêtait hier soir ses 35 ans d'ancienneté chez ARC-EN-CIEL ; cégétiste, communiste, c'était un rouge.

Gégé, son beau frère était là, il avait croupi 8 mois en prison pour avoir séquestré son patron pourri, marchand de fruits en gros, et depuis, même en peinture, il ne pouvait plus voir une orange.

Son frangin, Paulo, n'était pas invité, normal, il n'avait pas sa place ici, lui, l'infâme briseur de grève, le jaune, qui depuis l'année dernière a viré écolo, maintenant c'est un vert.

Le pinard, un Juliénas gouleyant, c'était un cadeau du gros Frédo, et Marcel, de son Auvergne natale avait rapporté du bleu. Mais c'est quand même Toinou, le petit fils d'un négociant (de triste mémoire) en opium et en indigo, qui a eu le plus de succès avec son plateau de fruits de mer où l'on trouvait de tout, et même, ô combien convoité, exhalant l'âcre arôme de la mer, un magnifique violet.

 

 

 

 

 

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18 juin 2010 5 18 /06 /juin /2010 07:00

Masolino, Temptation

La semaine dernière, cherchant en vain un tableau sur lequel on verrait Adam et Eve sans nombril, pour illustrer  Le nombre IL n'existait pas, ce qui eut été raisonnable, je suis tombé sur un charmant petit texte d'Edmond Haraucourt (alias Sire de Chambley), intitulé Adam et Eve , qui fit scandale lors de sa parution.

Tout le monde connait Haraucourt pour son immortel : "partir, c'est mourir un peu" (Le rondel de l'adieu); par contre son Adam et Eve est, comment dirais-je, plus confidentiel. 

 

Adam et Eve


Et tous deux s'étonnaient de tant de différence
Dans les formes du corps et les tons de la peau.
Adam la trouvait belle; Eve le trouvait beau.
Ils se taisaient, mais ils raisonnaient en revanche.
Adam reprit enfin: « Comme vous êtes blanche !
Pourquoi Dieu vous a-t-il mis des cheveux si longs ?
Les miens sont courts et noirs et les vôtres tout blonds
C'est vraiment très joli, ces lourdes tresses blondes ...
Eve :
Vous trouvez?
Adam :
Très joli... Mais ces machines rondes,
Là, sur votre poitrine, à quoi cela sert-il ?
Eve :
Je n'en sais rien. Mais vous, au-dessous du nombril,                                                  
Qu'est-ce que vous portez dans cette touffe noire,                                                      
Sur ce double coussin ?                                                                                               
Adam :                                                                                                                           
Je m'en sers... après boire.                                                                                          
Eve :                                                                                                                            
Seulement ? cela doit vous gêner pour marcher ?
Adam :
Pas trop... on s'habitue.                                                                                              
Eve :
Est-ce qu'on peut toucher ?
Adam :
Si vous le désirez...
Eve :
Je suis si curieuse.
Alors, vous permettez ? »
Eve blanche et rieuse,
Avança doucement ses petits doigts rosés,
Puis, s'arrêtant soudain : « Je n'ose pas !
Adam :
Osez!
Est-ce qu'il vous fait peur ?
Eve :
Peur? Oh ! non : je suis brave.
Tiens ! c'est tout rouge au bout. On dirait une rave.
C'est pour le protéger, sans doute, cette peau ?
Ce n'est pas laid du tout.
Adam :
Oh... ce n'est pas très beau.
Eve :
Mais si : c'est très gentil. »
Et les mignons doigts roses
Allaient, couraient, venaient, faisaient de courtes poses,
Comme des papillons voltigeant sur des fleurs.
« Oh mais, regardez donc. Il a pris des couleurs.
Comme c'est drôle! Il est plus grand que tout à l'heure.
Il se dresse, il frémit. Ciel ! une larme : il pleure ! »
Eve essuya la larme à ses cheveux dorés.
Eve :
« Il pleure, il pleure encore ! Est-ce que vous souffrez ?
Adam :
Au contraire.
Eve :
Oh, monsieur Adam ! il est énorme,
Maintenant ! il n'a plus du tout la même forme.
C'est très raide et très dur ... A quoi peut-il servir ? »
Adam lui repondit, dans un profond soupir :
« Est-ce que vous croyez qu'il sert à quelque chose ?
Eve :
Je n'en suis pas très sûre : au moins, je le suppose.
Vous m'avez dit tantôt: « Dieu fait bien ce qu'il fait. »
Toute chose a son but si ce monde est parfait.
Adam :
Oui, si Dieu m'avait dit ce qu'il veut que j'en fasse
De ce... Mais vous, comment ?
Eve :
Moi, je n'ai que la place.
C'est peut-être un oubli : Voyez.
Adam :
Je ne vois rien.
Eve :
Non, pas là, maladroit ! Ici... regardez bien.
Adam :
C'est juste ! On vous a même arraché la racine !
La fosse est toute fraîche ... Est-ce que la voisine
Communique ?... Pour voir, si j'y mettais mon doigt ?
Eve :
Mettez ce qu'il faudra.
Adam :
Diable ! C'est bien étroit ! »
Il glissa sous la femme une main caressante ...
Eve bondit, l'œil clos, la croupe frémissante,
Les seins tendus, les poings crispés dans ses cheveux
Tout son être frémit d'un long frisson nerveux.
Et le soupir mourut entre ses dents serrées.
« Encore » ! Elle entrouvrit ses deux cuisses cambrées,
Et le premier puceau vint tomber dans ses bras!
« Encore ! Cherche encore ! Oui. Tant que tu voudras. »
Comme il croisait ses mains sous deux épaules blanches
Adam sentit deux pieds se croiser sur ses hanches.
Leurs membres innocents s'enlaçaient, s'emmêlaient.
S'ils avaient pu savoir, au moins, ce qu'ils voulaient:
Ô pucelage ! Alors, presque sans le comprendre,
Tous deux en même temps, d'une voix faible en tendre,
Murmurèrent: « Je t'aime. » Et le premier baiser
Vint, en papillonnant, en riant, se poser
Et chanter doucement sur leurs lèvres unies.
Dieu, pour les ignorants, créa deux bons génies:
L'instinct et le hasard. Or, au bout d'un instant,
Eve avait deviné ce qui l'intriguait tant.
Avez-vous jamais vu le serpent que l'on chasse ?
De droite à gauche, errant, affolé, tête basse,
En avant, en arrière, il va sans savoir où.
Il s'élance; il recule, il cherche; il veut un trou,
Un asile où cacher sa fureur écumante.
Il cherche: il ne voit rien, et son angoisse augmente.
Mais, lorsqu'il aperçoit l'abri qu'il a rêvé,
Il entre et ne sort plus. Adam avait trouvé !
Un cri, puis des soupirs: l'homme a compris la femme.
Les deux corps enlacés semblaient n'avoir qu'une âme.
Il se serraient, il se tordaient, ils bondissaient.
Les chairs en feu frottaient les chairs, s'électrisaient.
Les veines se gonflaient. Les langues acérées
Cherchaient une morsure entre les dents serrées,
Des nerfs tendus en fous, des muscles contractés,
Des élans furieux, des bonds de volupté...
Plus fort ! Plus vite ! Enfin, c'est la suprême éteinte,
Le frisson convulsif ...
Eve alanguie, éteinte,
Se pâme en un soupir et fléchit sur ses reins !
Ses yeux cherchent le ciel ; son cœur bat sous ses seins.
Son beau corps souple, frêle, et blanc comme la neige,
S'arrondit, s'abandonne au bras qui la protège.
Adam, heureux et las, se couche à son côté.
Puis, tous deux, lourds, le sein doucement agité
Comme s'ils écoutaient de tendres harmonies,
Rêvent, dans la langueur des voluptés finies.
Mais Eve: « Dieu, vois-tu, ne fait rien sans raisons,
Dieu fait bien ce qu'il fait ... Viens là ! Recommençons ... »

Mais Edmond Haraucourt , poète et romancier français, également compositeur, parolier, journaliste, auteur dramatique et conservateur de musée, outre cette oeuvre de jeunesse (il avait 26 ans lorsqu'il a publié "La Légende des sexes, poèmes hystériques et profanes") a aussi écrit  entre autres choses, un bien joli poème intitulé "Les plus beaux vers" qui mérite d'être connu ; je le reproduis ci-dessous.

 

Les plus beaux vers sont ceux qu’on n’écrira jamais,
Fleurs de rêves dont l’âme a respiré l’arôme,
Lueurs d’un infini, sourires d’un fantôme,
Voix de plaine que l’on entend sur les sommets.

L’intraduisible espace est hanté de poèmes
Mystérieux exil, Eden, jardin sacré
Où le péché de l’art n’a jamais pénétré
Mais que tu pourras voir quelque jour, si tu m’aimes.

Quelque soir où l’amour fondra nos deux esprits,
En silence, dans un silence qui se pâme
Viens pencher longuement ton âme sur mon âme
Pour y lire les vers que je n’ai pas écrits...

 

 

 

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16 mars 2010 2 16 /03 /mars /2010 12:00
[Le sphex] jouit voluptueusement des délices de la chaleur et de la lumière. De temps à autre éclate en lui comme une frénésie de plaisir : il se trémousse de bien-être....
De quoi s'agit-il ? Qu'ai-je oui ? Et bien vous lisez un ouvrage scientifique consacré  à une espèce de guêpe fouisseuse de la classe des sphécidés, le sphex. L'auteur n'est sans doute pas inconnu de vous puisqu'il s'agit de Jean-Henri Fabre, le célèbre entomologiste.

ammophile des champsUn jour, parce que j'avais remarqué le manège curieux d'une espèce de guêpe noire et feu, que je l'avais photographiée et m'étais enquis de son identité, je suis arrivé sur un site reproduisant un texte de Monsieur Jean-Henri Fabre, tiré de ses souvenirs entomologiques. Je pensais y glaner rapidement quelques informations sur la vie et les moeurs des sphex et des ammophiles or 4 ans après je retourne encore régulièrement  dans les ouvrages de Monsieur Fabre, et à chaque fois avec le même émerveillement.

Pourquoi cet engouement ? Parce que Jean-Henri Fabre n'est pas seulement un scientifique de premier plan, c'est également un grand écrivain capable d'emmener son lecteur sur une planète étrangère, celle de l'insecte. Arrivés là,  on oscille sans cesse de la beauté absolue à l'horreur la plus totale, les images défilent, on sent, on voit, on vibre, c'est une expérience extraordinaire.

 

Je ne résiste pas au plaisir de reproduire ci-dessous  quelques extraits de ses souvenirs entomologiques (1879) et je vous invite à découvrir la vie de cet homme exceptionnel grâce à un article remarquable de Wikipédia.

 

Vous pourrez vous familiariser avec son oeuvre en visitant le site e-fabre.com/.

 

Et comme un plaisir n'arrive jamais seul, j'ai découvert un blog consacré aux insectes d'une très grande qualité, microcosmos.


.......

 

A bien des reprises déjà, j'ai surpris en ces lieux le Sphex au repos sur quelque feuille de vigne exposée en plein aux rayons du soleil. L'insecte, étalé à plat, y jouit voluptueusement des délices de la chaleur et de la lumière. De temps à autre éclate en lui comme une frénésie de plaisir : il se trémousse de bien-être ; du bout des pattes, il tape rapidement son reposoir et produit ainsi comme un roulement de tambour, pareil à celui d'une averse de pluie tombant dru sur la feuille. A plusieurs pas de distance peut s'entendre l'allègre batterie. Puis l'immobilité recommence, suivie bientôt d'une nouvelle commotion nerveuse et du moulinet des tarses, témoignage du comble de la félicité. J'en ai connu de ces passionnés de soleil, qui, l'antre pour la larve à demi creusé, abandonnaient brusquement les travaux, allaient sur les pampres voisins prendre un bain de chaleur et de lumière, revenaient comme à regret donner au terrier un coup de balai négligent, puis finissaient par abandonner le chantier, ne pouvant plus résister à la tentation des suprêmes jouissances sur les feuilles de vigne.

Peut-être aussi le voluptueux reposoir est-il en outre un observatoire, d'où l'Hyménoptère inspecte les alentours pour découvrir et choisir sa proie. Son gibier exclusif est, en effet, l'Ephippigère des vignes, répandue çà et là sur les pampres ainsi que sur les premières broussailles venues. La pièce est opulente, d'autant plus que le Sphex porte ses préférences uniquement sur les femelles, dont le ventre est gonflé d'une somptueuse grappe d'oeufs.

...........  Là, le Sphex s'en prend à un Grillon  ...........

Pour rien au monde, je ne céderais ma part du dramatique spectacle auquel je vais assister. Le Grillon effrayé s'enfuit en sautillant ; le Sphex le serre de près, l'atteint, se précipite sur lui. C'est alors au milieu de la poussière un pêle-mêle confus, où tantôt vainqueur, tantôt vaincu, chaque champion occupe tour à tour le dessus ou le dessous dans la lutte. Le succès, un instant balancé, couronne enfin les efforts de l'agresseur. Malgré ses vigoureuses ruades, malgré les coups de tenaille de ses mandibules, le Grillon est terrassé, étendu sur le dos.

Les dispositions du meurtrier sont bientôt prises. Il se met ventre à ventre avec son adversaire, mais en sens contraire, saisit avec les mandibules l'un ou l'autre des filets terminant l'abdomen du Grillon, et maîtrise avec les pattes de devant les efforts convulsifs des grosses cuisses postérieures. En même temps, ses pattes intermédiaires étreignent les flancs pantelants du vaincu, et ses pattes postérieures s'appuyant, comme deux leviers, sur la face, font largement bâiller l'articulation du cou. Le Sphex recourbe alors verticalement l'abdomen de manière à ne présenter aux mandibules du Grillon qu'une surface convexe insaisissable ; et l'on voit, non sans émotion, son stylet empoisonné plonger une première fois dans le cou de la victime, puis une seconde fois dans l'articulation des deux segments antérieurs du thorax, puis encore vers l'abdomen. En bien moins de temps qu'il n'en faut pour le raconter, le meurtre est consommé, et le Sphex, après avoir réparé le désordre de sa toilette, s'apprête à charrier au logis la victime, dont les membres sont encore animés des frémissements de l'agonie.
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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 12:00

"A l'aide !"

Non je n'ai pas rêvé, on a appelé à l'aide. J'enfonce ma bêche dans la terre fraîchement travaillée, me redresse .... "A l'aide !"

Bon sang, quelqu'un a dû faire une chute dans un ravin de la châtaigneraie, j'y vais ! Aussitôt ma décision prise je descends au pas de course jusqu'au torrent que je traverse un peu trop vite par le passage à gué. Résultat, un fond de culotte mouillé, un ongle cassé et une botte remplie d'eau, qu'il me faut vider et rechausser, au milieu des orties, avant d'entreprendre la grimpette du versant nord de la forêt. Quelle direction prendre ? Le bruit de l'eau couvre les appels pour l'instant. Alors, tout droit jusqu'à ce que je puisse m'orienter de nouveau à l'oreille. C'est bien joli, tout droit, mais c'est pas la Beauce ici, c'est le  Haut-Vallespir : des pentes abruptes, des rochers, des arbres, de rares terrains en terrasses, reliquat d'une époque où chaque arpent de terre était cultivé malgré l'absence de chemins et l'inutilité des bêtes de somme, trop lourdes pour ces minuscules langues de terre à flanc de montagne. Je monte donc comme je peux entre les pieds de châtaigniers, tombant parfois sur un nid de cèpes bais ou sur une procession de girolles. Je reviendrai peut-être vous cueillir leur dis-je en passant, mais pour l'instant il vaut mieux ne pas s'attarder. Cette fois je tombe ... tout court ; aïe, la cheville, non ça va, rien de sérieux. "A l'aide, a l'aide !" Ah, je crois que les cris viennent du ravin de la source. Bon, il faut redescendre par la coulée, traverser et remonter sur le flanc droit. C'est sûrement un ramasseur de champignons qui s'est déboîté un genou ou cassé une jambe ; avec une entorse on arrive toujours à marcher à condition de ne pas s'arrêter. "A l'aide !" Tiens, on dirait que les cris ne viennent plus de la source mais plutôt de l'ancienne tombe, bizarre. Bon, on verra plus tard, fonçons droit devant ; merde, je n'avais pas vu cette ronce, ah la vache, elle ne m'a pas loupé, j'ai une belle balafre, bien cuisante, j'enlèverai les épines plus tard. "A l'aide !" J'approche, je ne vois toujours rien dans ce fouillis de feuilles et de troncs mais les cris se rapprochent. Et merde, une racine, bien planquée par les feuilles et me voilà à plat ventre ; purée, dans la chute j'ai pété mes lunettes ! Je  suis à bout de souffle, mon palpitant cogne dans ma poitrine mais je repars malgré tout, empochant les débris de lunettes, oubliant le pantalon trempé, les plaies et les contusions.

Cette fois j'y suis presque ! Et c'est alors que j'entends très distinctement : "Arlette, Arlette !" et nettement moins fort mais bien audible malgré tout : "reviens Arlette, reviens. Pourquoi tu m'as quitté ? Arlette ! Arlette !"

 

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