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9 décembre 2010 4 09 /12 /décembre /2010 19:30

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Note préliminaire : Ce billet ne correspond pas, au point de vue de la mise en page, à ce que je voulais obtenir mais je n'insiste pas parce que sinon j'obtiens un résultat pour le moins étrange que j'ai pu admirer  mais qui risque de disparaître rapidement ; pour ne rien perdre de ce chef d'oeuvre éphémère j'ai fait des copies d'écran et je les ai placées dans un nouveau billet intitulé : "Les écrits d'Esartulinoc revus et corrigés par Over-Blog", posté 1 minute avant le premier.

Belle moisson, Esartulinoc est ravi d'avoir inspiré 10 superbes textes. Prévert, qui ne se prenait pas au sérieux, aurait certainement aimé ces versions de son petit texte que je replace en tête de ce billet.

Merci à toutes les lipogrammoureuses et à tous les lipogrammoureux dont la participation, grâce à une publication de leur texte sur leur propre blog, contribuera certainement à diffusion du lipogramme au-delà du cercle restreint des amis du Lipo-Club.

 

Nous avons le plaisir d'accueillir aujourd'hui un nouveau membre dans le Club, il s'agit de La Licorne.

 

oOo

 

01 Ophélia John Everett MillaisLe message

 

La porte que quelqu'un a ouverte

La porte que quelqu'un a refermée

La chaise où quelqu'un s'est assis

Le chat que quelqu'un a caressé

Le fruit que quelqu'un a mordu

La lettre que quelqu'un a lue

La chaise que quelqu'un a renversée

La porte que quelqu'un a ouverte

La route où quelqu'un court encore

Le bois que quelqu'un traverse

La rivière où quelqu'un se jette

L'hôpital où quelqu'un est mort.

 

Jacques Prévert

 

 

La lettre02 Ophélie Paul Albert Steck

 

Elle a tourné la clé

Elle est entrée, innocente

Elle a tenu Ronronnette un instant

Elle a suçoté une sucrerie

Elle a lu la lettre laissée sur le lit

Elle a crié en silence

Elle est sortie, coeur écartelé

Elle a couru sur la route

Elle a atteint l'aulnée, le lac

Elle a sauté à l'eau

Elle a coulé, sans retour.

 

Olivier de Vaux

 

 

La lucarne l’on a éclose

La lucarne l’on a  occluse

Le lutrin l’on a testé

Le lion l’on a câliné

Le suc sucré l’on a sucé

La lettre illustre l’on a lu

Le lutrin l’on a cassé

La lucarne l’on a éclose

Le trottoir où l’on caracole

La nature où l’on laisse trace

L’eau claire où l’on se noie

Le tocsin sonne :  l’on est occis.

 

Nounedeb

 

 

L'allocution

 

cette issue à la serrure close, la clé  on a tourné

cette issue là, on a close au sortir

ce transat à son séant encore tout tracé

ce courseur "sus aux souris ", aux cent caresses caliné

cette cerise ci sous les crocs ciselée

sur ce courrier on s'est instruit sans souci

ce trône sous en sus retourné

le sentier où il s'entraine au cross sans cesse

ces taillis en tous sens croisés

le ruisseau où l'on s' élance sans sourciller

à cet asile , il a laissé sa santé, à la sortie, on l'a enterré 

 

Tricôtine

 

 

Il était un roi...

 

Toc toc toc.... Le roi Louis, cocu, entra...

Silence... Tous se turent à l'intérieur !

Son séant il assit, l'œil las

Tout en câlinant Oscar le ronronneur

Une cerise rosée à son croc il leva

En colère il lut une lettre raturée

Au sol il laissa son socle là

Et sortit de ce lieu sans clarté

Sa route seul il continua au lointain

Sans laisser nulle trace là et ici

Au soir ils ouïrent à la source un cri... Tiens ?

Colin un inconnu assassiné en sortit...

 

jill bill

 

 

 

Cruel écrit.

 

Aline s'est tirée,

C'était la nuit. 

Louis n'a rien ouï.

Nul autre au lit ni en cuisine !

Il serait seul,

Sans leur Lutin

Et ses câlins. 

Un intrus aurait-il

Terni, souillé leur relation ?

Il croit encore à leur union,

Saisit ses outils, colle, rentoile Lenaïg (version de résipiscence)

Et ne sent rien.

Le soir est là.

Il rentre triste et incertain. 

Nul retour ne s'annonce.

Son œil s'arrête sur la lettre.

Aline est loin, en Italie.

L'intrus était réalité.

Un alien s'est taillé

Le rôle du lion.

Louis est cocu. 

Une nuisette de satin

Criante d'inutilité.

Noces salies, note salée.

Lutte contre lucidité.

Ni rose ni trésor laissés.

Couteau, estoc et trou au cœur.

Il est coi, transi, torturé. 

Et le Louis s'est tiré,

C'était la nuit. 

Il s'est soûlé.

Il a sauté, il a coulé.

Lucien a couru à son tour,

Et a secouru Louis.

Louis s'en sortira-t-il ?

 

Lenaïg

 

lettre sous les sens

 

cette issue-ci ,ce soir s'est éclose

et close ensuite sans se soucier si l'on rentrait encore

cette assise où un séant s'est sis, sourit

au « souris surineur » sans cesse caliné

cette cerisette là, si ciselée sous les crocs, c'est

une lecture sournoise sur ce courrier ci

ce trône aux sens en alerte sonnés, se tourne

sur cette issue là encore éclose, senteurs ce soir...

ça sent le sentier sans arrêt usité à la course,

ça sent le sureau, taillé, l'écorce sciée, le silence

non !....le ruisseau, ruisselle,s'écoule, ensorcèle..on s'élance à sa source, sous l'eau , on se laisse couler

sans air, sans soins , on se noie, l'asile sans les sens, sans essence, on enterre son coeur c'est certain et cesse alors le tic tac  séance tenante

 

Tricôtine (en verve)

 

 

L'annonce

Sur le seuil, tu es sorti.. rentré
L'accès est clos.
Le cul sur le coussin,
L'ocelot , tu as caliné
Les cerises au coin de l'assiette, tu as sucées
Le courrier, tu as lu.
Le coussin est à terre, tu as sursauté
Sur le seuil, tu es ressorti
Sur le sentier, tu cours encore
La laie, tu t'élances
Le canal, tu coules
Le couloir, tu es là .. le coeur éteint.

clairs instants !


Martine du JdV



Lettre et le néant



Elle tourne la clé

S'installe sur un coussin

Accueil ronronnant

Rouge cerise cuite

Tiens une lettre !

Un cri troue le silence

Lettre au sol la nuit

Illusions courir loin

Noir il est là le lac

Où elle saute et coule

Coeur innocent.



Bella Crostiche

 

 

La carte

Tu entres.

L'issue: elle est close.

Tu es sur la causeuse.

Une caresse à Ratus.

La cerise: croc !

La carte, tu la lis : aïe !

La causeuse : à terre !

Tu sors.

Tu cours, tu cours...

Ton itinéraire: la nature...et le ruisseau.

Allons, à l'eau.

Tu es sous l'eau.

On te sort : une nuit à l'asile...

Une nuit ...et tu es...

Au Ciel ! 

...

La Licorne 



TRACT-

Une créature a écarté l'entrée.

Une entité a enclos l'issue, s'autorisant à en sauter le seuil. 03 Philactère Marie

Sur la causeuse en terrien roturier s'est cul-tassé,
En courtisan a câliné l'ocelot,
Lacéré ensuite le citron.
Saisissant une carte, il en a ânonné les écrits.
A retourné sec la selle au sol,
S'est rué à la sortie licite,
A trotté sur le sentier
Sillonné l'orée et l'essart.
En torrent s'est élancé.
Suite : s'éterniser sur terre, oint à l'arnica ? Ressusciter ?
Nenni !
Occis, à l'asile s'est éteint.

 

Marie de Cabardouche



 

 

 

 

 

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Published by Olivier de Vaux - dans LIPOGRAMME
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commentaires

Primavera 12/12/2010 08:43



Je n'ai rien à dire de particulier, j'essaye au contraire de me faire le plus discrète possible car je trouve que tous ces jeux littéraires donnent de très beaux résultats, je venais jusqu'ici
juste pour signifier ô combien j'aime le tableau d'Ophélie couchée dans l'eau, dont j'avais aussi publié une représentation sur mon blog, l'année dernière, ou il y a deux ans, peu importe !


C'est aussi pour moi l'occasion de vous faire un petit coucou, vu que je ne participe pas à ces joutes verbales !



Olivier de Vaux 12/12/2010 18:09



Merci pour ce coucou Primavera ! Comment c'est redondant ? ça me plaît beaucoup, voilà tout ! Pour les lipogrammes, je suppose que vous avez vu comment Over-Blog a massacré nos textes, pour notre
plus grand plaisir. Bonne soirée.



La Licorne 11/12/2010 11:12



Formidables, tous ces textes...je vois qu'il y a des orfèvres en la matière !


A se demander pourquoi on utilise vingt-six lettres de l'alphabet, alors que certain(e)s se débrouillent fort bien avec onze !


Pour ma part, c'était mon premier essai dans ce domaine...et je ne l'ai pas trouvé facile, d'où mon admiration profonde pour ce qu'ont fait les autres !


J'aime tout particulièrement ta version, Olivier !



Olivier de Vaux 11/12/2010 12:06



Ces contraintes qui affectent non seulement le  vocabulaire mais aussi la conjugaison et la structure de la phrase nous poussent à sortir des sentiers battus, c'est en cela que je les aime.
Evidemment lorsque le lecteur n'a pas conscience de la présence d'une contrainte, c'est encore mieux. Bien qu'ayant un faible pour le lipogramme en e je reconnais qu'il y a aussi un grand plaisir
à écrire en s'interdisant d'autres lettres. Bonne fin de semaine.


 


 



Lenaïg Boudig 10/12/2010 20:01



Ah ben ça c'est gentil alors ! Comme ça il y a la bonne à côté de la mauvaise !





Merci maître ! Amicalement tien.



Olivier de Vaux 10/12/2010 21:47



Parce que je le vaux bien !


 



Lenaïg Boudig 10/12/2010 13:27



Cruel écrit ? Traits tirés ? Trait tiré !


Ernest est sorti la nuit en secret,


Eulalie n'a rien ouï.


Où est-il allé ?


Seule au soleil.


Lutin est là,


Ronrons et câlins.


Une intruse inconnue


Aurait-elle souillé leur relation ?


Elle croit encore à leur union.


Soir triste et incertain,


Nul retour ne s'annonce.


Son œil s'arrête sur la lettre.


Couteau, estoc et trou au cœur.


Ernest est loin, en Italie,


L'intruse était réalité :


Une alien ! Une lionne ?


Eulalie est cocue.


Nuisette en satin


Criante, inutile.


Ni rose ni trésor laissés.


Noces salies, note salée,


Eulalie transie, torturée.


Eulalie s'est soûlée,


Est allée au lac.


Eulalie est sortie sous la lune.


Alain l'a su, il a couru,


L'a secourue.


Eulalie s'en tirera-t-elle ?


Trait sur Ernest !


Restent Lutin et ses câlins,


Et un certain Alain ...


 ***


Voilà, Olivier, un texte propre, la version féminine de mon histoire sans les d !


Bonne journée !


 



Olivier de Vaux 10/12/2010 14:44



Belle version que voici, je l'ai mise en regard de l'original, par le biais d'une copie d'écran via Open Office. Ce n'est pas très net, mais c'est dans l'article principal. Bravo pour ta
persévérance. Amitiés.



Lenaïg Boudig 10/12/2010 12:34