Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 12:15

Voici la première partie du conte de Charles Perrault, Le Petit Poucet, revisité par mes soins. Ma version, assez fidèle à l'original, revêt la forme d'un lipogramme en e.  Les illustrations, bien sûr, sont de Gustave Doré.

Si les petits cochons d'un autre conte ne me mangent pas d'ici là je publierai la suite en plusieurs fois , sans me presser. 

 

Tom Doigt 01Il y avait jadis un grand gars vivant du bois abattu par sa main ; à son taudis vivait sa smala,  six fils fort mignons mais pas trop malins, plus un fils qui naquit plus tard,si minus, si riquiqui, qu'on lui choisit pour nom Mini Doigt ; il avait un corps d'oisillon tombant du nid, mais il grandit pourtant,  surtout du ciboulot, fort hardi ma foi, ainsi qu'on pourra voir.

 


La maman avait grand mal à  nourrir sa smala ; quand la faim arriva puis s'installa au logis il fallut choisir : ou tous mourir, ou alors offrir aux fils l'abri du bois, priant pour qu'autour il y ait glands, daims, lapins, champignons. "Ici, la mort nous aura tous, là-bas, ils pourront la fuir ou mourir un par un, mais pas là, dans la maison, non, jamais." Ainsi parla la maman. Son mari opina : "Lundi nous irons tous au bois, puis nous fuirons, abandonnant nos fils."


Tom Doigt 02

 

 

 

 

Mini Doigt, qui, sous un banc, imaginait sagas ou lais jolis , avait tout ouï . Durant la nuit il mit au point un plan pour pouvoir partir du bois quand il voudrait pour aboutir au logis sans complications ni tracas. Son plan fini il l'appliqua illico : sans bruit il s'habilla, il courut jusqu'au ru qui courait tout sussurant, au mitan du vallon, il y prit moult cailloux ronds tout blancs, qu'il plaça dans un sac, puis il alla au lit pour dormir jusqu'au jour.

 

 

 

 

 

 


Tom Doigt 03

Qui pourrait avoir vu un jour plus hallucinant : Papa, maman , blafards, gris, poings raidis, jusqu'au sang, Mini Doigt, minois furtif, dissimulant son sac, plus six frangins fort gais, insouciants, partis pour un grand bois fort lointain.

 

 

Mini Doigt accomplit son travail , posant par-ci par-là un caillou rond tout blanc sans un mot, sans un bruit. Au plus profond du bois si grand, si noir, ils vont fagotant à tout va, sautillant, chantonnant, ramassant qui un agaric, qui du bois mort .

 

 

Tout à coup un gamin apostropha un frangin : "où sont donc papa , maman ?" Fils Trois lui dit : "par ici !" indiquant un doux Sud , mais Fils Cinq cria "non, plutôt par là !", pointant un Nord froid, glaçant.  Fils Six comprit la situation ! "Nous voilà fichus", ajouta-t-il d'un ton alarmant.


Tom Doigt 04


Ah , par Toutatis, Mini Doigt voit tout ça : ils sont là, six gamins implorants,  criant hou-hou, braillant "maman", hurlant "papa", craignant hiboux, craignant loups, horrifiant instant...

 

 

  A suivre ...

 

 

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Olivier de Vaux - dans LIPOGRAMME
commenter cet article

commentaires

Primavera 30/08/2010 22:52



Bonsoir,


Bravissimo ! Pas facile de revisiter ce conte en éludant le e, cette voyelle si courante dans notre langue._


Bonne soirée.


Amitié.


Prima



Olivier de Vaux 31/08/2010 07:26



Le pari n'est vraiment réussi que lorsque l'on ne remarque pas d'emblée l'absence du petit e.



Jakline 30/06/2010 00:01



J'aurais proposé ça : " Ha manants, gardons raison! Moi, Mini Doigt, tout au long du parcours, fus distillant moult cailloux blancs, tout jolis.. Ils sauront nous ouvrir un bon couloir qui
aboutira à la maison."


ainsi fut fait: six frangins plus si fringants, suivant Mini Doigt dans un bois si grand, si noir...


Un caillou blanc, trois cailloux ronds, six cailloux jolis; six gars larmoyants suivant un Mini-Doigt plus fort, plus vaillant, jusqu'au bord du taudis familial...


suite et fin à la convenance du créateur....et j'ai vu qu 'Hélène avait été plus rapide que moi



Olivier de Vaux 30/06/2010 07:17



Grand merci pour ta participation ; j'ai finalement renoncé à intégrer les différentes suites reçues parce que leur raccordement au récit s'avère plus que délicat lorsqu'on est privé d'e. Je vais
voir si je les mets en note de bas de page ou si je les laisse dans les commentaires.


Amitiés


 


 


 



fanfan 25/06/2010 14:15



J'aime beaucoup les mots utilisés pour ce petit Poucet revu et corrigé!!



Olivier de Vaux 25/06/2010 20:39



Ils sont nés de la contrainte, je ne suis qu'un amateur encore maladroit, mais j'adore cet exercice.



Hélène, 25/06/2010 12:34



Mais non,Olivier, ma participation n'a rien d'extraordinaire, et je n'ose même y jeter un coup d'oeil! Je ne sais si vous avez reçu beaucoup de participations. A partir d'un certain "seuil",
les aminautes déclinent. Ce qui s'est passé avec mon défi, (je peux l'écrire, n'est-ce pas? N'étant à ce moment-là pas inscrite chez les "Croqueurs", sur Balzac.


Le com précédent était juste destiné à vous dire que si vous mettez votre jeu en route, vous pouvez compter sur moi.


Voila.


Amicalement,


Hélène.


Bienvenue chez les Croqueurs, donc


Si mon idée d'une histoire à plusieurs plumes, vous intéresse, la manière dont vous semblez la remettre en forme est intéressante. Mais Pascale, Lyly, India et Abellion, (un Cavalier manque à
l'appel, mais je sais qu'il avait beaucoup apprécié), vous diront aussi bien que moi le plaisir de la spontanéité et de l'effet de surprise, justement parce que rien n'avait été programmé.
Témoins "La Genèse", à la boulangerie" et avec India, notre histoire à 2 plumes: Damien et Stella.


Envisager plusieurs chemins me parait intéressanr et novateur. Mais pas facile de gérer...


 



Olivier de Vaux 25/06/2010 20:37



J'aime bien qu'une idée plane un certain temps avant de prendre une forme précise. Comme vous le dites, Hélène, le plaisir de la spontanéité et de l'effet de surprise sont fort appréciables. Ce
qui nous freine tous, c'est le fait de ne pas être disponibles au même moment. Mais les astres peuvent nous être favorables un jour, surtout si on leur donne un coup de pouce.


 



Hélène, 25/06/2010 01:16



Allons! Puisqu'il faut vous fournir, sinon la fin, au moins un bout, (soupir...) du plagiat par vous commis, mais sans, surtout, coquin, "Avait" par vous
bissant...  fi!  Pas joli, joli... Mais nous pardonnons! 


... Continuons un chouïa!


"Mini doigt proposa, patron choisi par tous: "Suivons un par un, là-bas, tous nos gros cailloux blancs: ils sauront nous sortir d'un vrai brouillard anglais! Car pour vous, bibi aligna
tout au long du parcours matinal, un cailloux suivant son voisin afin d'y voir plus clair. Nous pourrons ainsi, par monts ou par vaux , avant la mi-nuit, courir jusqu'au logis!
Partons!"


... Il claironna sans fin jusqu'au but initial, tirant ci, poussant là,  donnant à chacun, cris puis hourra:


La maison point n'avait disparu...


Tous, grands ou minus, saufs sinon sains, abasourdis, iront sans injonction, droit au plumard... Dodo pour tous:ça ira, la fin?"


Voila. tout un plat pour ça?


...


(hihi, qui vois-tu pour la fin, mon bon?)


         Hélène.



Olivier de Vaux 25/06/2010 07:44



Puisque mon "avait" t'a carrément sauté au nez, comme l'andouille d'un autre conte, je dois te faire un "aveu", j'ai beaucoup de mal à m'empêcher de "bisser", c'est congénital, dans ma famille il
y a  "bessons" et "lumières" et j'ai hérité du côté "bessons".


Ta contribution, attendue, est arrivée et tu m'en vois ravi car non seulement sa facture est superbe, ce dont je ne doutais aucunement, mais, de plus, elle s'intègre parfaitement dans le texte
que je vais publier début juillet. Ce sont d'ailleurs les problèmes d'intégration qui m'ont incité à retirer ma proposition initiale de collaboration sur ce conte; en effet, autant il est aisé de
prendre la suite d'un texte à plusieurs mains dont on ignore le canevas, autant cela peut s'avérer problématique dans le cas contraire, rendant l'ensemble incompréhensible.


Mais revenons à l'idée d'un texte à plusieurs mains. Je trouve que la formule consistant pour chaque participant (il est important d'en fixer le nombre au départ) , après qu'il ait gratté ses 10
ou 20 lignes convenues, à donner trois pistes de suite possible, est la plus intéressante.


Je profite de l'occasion pour te dire que je ne veux pas publier plus qu'avant, malgré les tentations. De même pour les commentaires, je vais me restreindre ! Mon jardin est grand, mes amis
nombreux, etc ...


Amitiés