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8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 12:00

 

L'amour des mots, l'amour des lettres, voilà mon petit moteur personnel, vous l'aviez sans doute remarqué. Mon centième billet (eh oui, déjà) sera donc consacré ... aux chiffres ! C'est le Professeur Schmürtz qui se chargera de le rédiger pour moi, dont l'incompétence est avérée dans ce domaine comme dans beaucoup d'autres.

 

Je profite de l'occasion pour vous dire que j'opte pour une fréquence de publication plus ou moins hebdomadaire. Mes billets seront donc plus rares, de même que mes commentaires sur vos blogs que je continuerai à  visiter régulièrement. Je vous le dis en confidence, la blogomanie me prive des joies de la lecture papier, et ça, ce n'est pas possible très longtemps, en ce qui me concerne.

 

Le Professeur Schmürtz est pris en flagrant délire de confusion mentale alors qu'il tente de faire prendre conscience de la splendeur de l'ouvrage de Georges Ifrah "Histoire universelle des chiffres" dont le sous-titre est "L'intelligence des hommes racontée par les nombres et le calcul". Il faut dire que dès l'introduction de cet ouvrage extraordinaire et passionnant on peut lire :

 

D'OU VIENNENT LES "CHIFFRES" ? DE LA LONGUE QUETE D'UNE OMBRE ! (sic)

 

 

Pénétrons à pas de loup, dans la salle de classe où officie Schmürtz, l'homme qui a peur de son nombre. Il pose son cartable et commence à parler.

 

Les Huns,

hideux,

sont à l'étroit ;

Ils jouent aux cartes,

L'enjeu ? un scinque

Et la saucisse

De l' ascète

Qui a pris la fuite

Sous le Pont Neuf.

 

Silence.

 

Ce texte, présenté sous forme de poème en 9 vers libres de mon cru, évoque-t-il quelque chose pour vous ?

 

Silence.

 

Bien, alors, vous aurez un zéro !

 

Brouhaha, effervescence, indignation, puis tumulte général.

 

Tel un tribun sur l'Agora, Schmürtz lève la main et le silence se fait aussitôt. (Hé, hé, pas si con qu'il en a l'air ce Schmürtz).

 

Je vous ai énuméré les 9 chiffres du système décimal auxquels manquait le zéro, pour qu'il soit au complet. Pour ceux qui ne connaissent pas le scinque, sachez que c'est un reptile de la famille des scincidés ; s'il ressemble beaucoup au lézard, reptile de la famille des lacertidés, il s'en différencie néanmoins assez pour justifier d'une famille à part. Mais revenons à nos chiffres. Ils sont 9, ils ne sont donc pas très nombreux ! Ha ! nombreux, les nombres, eux, sont vraiment nombreux, ils sont même innombrables. Parmi eux j'ai mes chouchous :

le 20 , qu'il soit de Bordeaux ou de Bourgogne,

le 33, qui mousse,

le 51, bien frappé, il cogne, fumant, il cogne encore,

le 6., non, le 100, qui a été contaminé voici quelques années, quel scandale !

le 380, précédé de la lettre A qui a du mal à décoller,

le 421, toujours en vogue dans certains bistrots,

le 1001, toujours utilisé sous la forme féminine les mille-et-une, je ne vous raconte pas !

les 100.000 ver..., non, 100.000 lieues sous les mers, mais pas dans le Golfe du Mexique.

Je m'arrête là, les grands nombres font vite tourner la tête surtout lorsqu'ils sont suivis du signe $ ou €.

On parle de chiffres ronds, de nombres élevés au carré ou au cube, de nombres premiers, de nombres entiers, de nombres négatifs, de nombres pairs, impairs et passe. On dénombre les chiffres, on déchiffre les nombres ... Murmures au fond de la salle.

  Oui, vous là-bas, au fond, contre le radiateur, cela n'a pas l'heur de vous plaire !

Heu, ben, c'est-à-dire que ...

Dites, dites, affreux, dites, vous n'êtes pas Vénus pour vous taire!

Les chiffres écrits en lettres, M'sieur, on les dénombre aussi ?

Absolument, on les dénombre également. Qui a dit : y sont timbrés ?

C'est moi, M'sieur, j'parlais des lettres !

Celle de Sophocle ou celle de Giraudoux ?

J'sais pas M'sieur, les lettres en général !

Bon, bon, je me disais aussi ... reprenons !

Y a bas des leddres chiffrées aussi B'sieur ?

Mais si , et des élèves enchifrenés, oignez-vous, soignez-vous !

Et dans les chiffres et les lettres, l'émission de télé que regarde mon arrière grand mère, y a des chiffres supérieurs à 9, et alors là c'est officiel, c'est vu à la télé, hé !

Un peu de silence, remontons le temps ; à l'époque romaine, les chiffres s'écrivaient en lettres, ainsi 49 soit 50 moins 1 , c'était le nombre IL*.

Jennifer, elle a le 49 à l'air, wouahou, j'compte comme César.

Normal, t'es son Jules !

N'importe quoi, c'est pas mon Jules, Romain !

Stop, c'est jennifait ni jenniafaire ! Cessons, nous ...

Et pourquoi les Romains, dans le Maghreb, ils se servaient pas des chiffres arabes ?

Mais parce que les arabes ne les connaissaient pas ! Je vous rappelle que les chiffres arabes sont indiens, les arabes ont adopté leurs chiffres parce qu'indien vaut mieux que ...

silence consterné, puis une petite voix au premier rang :

tu l'auras !

Bravo Laura !

à nouveau, gros brouhaha, Schmürtz lève la main :

Les chiffres arabes, dans leur graphie actuelle, malgré les théories farfelues qui ont sévi et qui sévissent encore, viennent d'une lente évolution des chiffres nâgarî, marâthî, panjâbî, sindhî, gurûmukhî, gujarâtî, kaîthî, bengâlî (qui a fait cui-cui ? c'est bien, c'est la preuve que vous suivez le cours), maithilî, oriyâ, tâkarî, shâradâ, nepâlî, tibétains, tamil, malayâlam, telugu, ...bon, il y en a encore beaucoup d'autres, j'arrête là. Vous avez compris qu'ils ne sont pas dus à l'invention ex nihilo d'un quidam quelconque , aussi doué soit-il, mais qu'ils sont le fruit d'une lente maturation (normal pour un fruit). Il en va de même pour le zéro "opératoire" qui non seulement remplace le vide des unités manquantes mais a aussi la valeur de"quantité nulle". Ce zéro, tel que nous le connaissons aujourd'hui est apparu en Inde au 5ème siècle de notre ère.  Sur ce, il est temps de se sustanter un tantinet, midi sonne, bon appétit à toutes et à tous et à lundi prochain, si vous le voulez-bien !

 

 

Ah oui ça sonne M'sieur, bon week-end, pardon, bonne fin de semaine !

 

Au r'voir M'sieur, faites gaffe aux coups de soleil !

 

Eh Jennifer, c'est quoi le 49 ?

.....

 

 

* le nombre IL n'existait pas : 49 s'écrivait XLIX

 

Pour illustrer ce billet, il suffisait de chercher parmi les dieux et déesses des mythologies : bernique, il y a bien une Numéria, mais elle n'a pas eu beaucoup d'admirateurs, même chez les femmes enceintes. Il m'a fallu chercher ailleurs et ô stupeur, j'ai trouvé la déesse à  la une de Paris-Normandie (du 4 Juin 2010), je lui dédie mon billet et lui souhaite une belle vie pleine de joies et de bonheurs.

 

La déesse des mathématiques

 

 

 

 

 

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Published by Olivier de Vaux - dans PROFESSEUR SCHMÜRTZ
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commentaires

Hélène, le-calame-et-la-plume. 14/06/2010 23:33



Sûrement! Je vais tenter l'expérience... En fait, j'ai lu ton apparté avec Pascaline(...)  


Or donc, j'attends le prochain billet! Je m'inscris à ta news...Attention, je suis très sévère!



Olivier de Vaux 15/06/2010 11:49



Aïe, aïe, aïe !



La Licorne 14/06/2010 15:55



Passionnante l'histoire des chiffres !


(c'est une ancienne étudiante en maths qui parle...)


Et encore plus passionnante vue par Olivier ! Bravo !



Olivier de Vaux 14/06/2010 23:03



Je ne suis pas du tout matheux mais j'avoue avoir lu en son temps les 2000 pages du bouquin de Georges Ifrah comme un roman passionnant. J'avais eu le même coup de foudre pour un livre de Rozsa
Peter "Jeux avec l'infini",  consacré aux mathématiques.


 


 


 



Hélène, le-calame-et-la-plume. 14/06/2010 10:30



C'est génial... J'adore l'idée de ces hommes capables de faire le tour du monde et des bibliothèques, pour une question... Farfelue, certes, mais pas anodine!


Merci pour cette découverte,



Olivier de Vaux 14/06/2010 22:52



Démarche très masculine alors ? Peut-être, mais qu'importe, l'ouvrage né de cette quête est une pure merveille !



Quichottine 12/06/2010 15:01



J'ai eu cette chance... et je m'en souviens encore aujourd'hui comme si c'était hier...


Je n'avais pas tellement l'occasion de "sortir", mais tu vois, ce spectacle-là a été bien plus qu'un simple spectacle pour moi. Une vraie découverte.


Je comprends tes regrets... Ce qui est le plus dûr, c'est de penser qu'il n'y a aucun enregistrement du spectacle sur scène.


 


Si un jour tu en as l'occasion, va voir Antonia
Bosco dans son spectacle... Ce n'est pas Jacques Brel, bien sûr... mais quand même quelque chose qui vaut la peine d'être vu.


 


Bonne journée, Olivier. Merci.



Olivier de Vaux 14/06/2010 10:03



J'ai bien noté, Antonia Bosco. Merci.



Quichottine 12/06/2010 13:03



Bon, de tout cela, je vais retenir que tu as décidé de bloguer une fois par semaine... et que tu aimes la lecture papier.


Comme je te comprends !


Alors, bonnes lectures, Olivier.


Merci d'être passé en Quichottinie. Cela m'a fait plaisir.



Olivier de Vaux 12/06/2010 14:53



J'y reviendrai Quichottine, j'y reviendrai ! Quand je pense que je n'ai pas pu aller voir Brel dans l'Homme
de la Mancha pour une sordide raison professionnelle !