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12 février 2010 5 12 /02 /février /2010 12:10



repassage 01


Le mois dernier je vous ai proposé de porter un regard différent sur nos petites ou grandes corvées. Aujourd'hui je vous propose d'aborder le repassage.

 

 

 

Comme toutes les autres corvées le repassage peut se concevoir comme un plaisir, il suffit pour ça, d'un peu d'imagination.


Repassage solitaire, collectif, solidaire ou festif?

 

 

 

repassage 02



Solitaire, comme le ver du même nom, le repassage peut s'associer à une émission radiophonique. J'ai personnellement un faible pour "les matins de France-Culture", mais chacun saura trouver l'émission qui lui fera regretter d'avoir si peu de linge à repasser. On peut également lui associer un thème de réflexion à creuser ou une occasion pour chanter, composer, fabuler, divaguer, rêver ... sans se brûler.

 

La photo (de mou, ah) vient de ce site, à voir et + si affinités







repassage 03 Louis Valtat


Collectif, le repassage, un jour chez l'une, un jour chez l'autre est l'occasion de papoter sans culpabiliser, chacun(e) avec le fer à la main.

 

Tableau de Louis Valtat (1909)

 




Repassage 04



Solidaire, le repassage chez la mamie d'à côté, chez la malade, la convalescente, le veuf paumé, c'est une belle occasion de s'enrichir de leur histoire en leur offrant un peu de notre temps.

 



repassage 05



Festif, il peut être le thème d'une soirée déjantée, avec concours individuels ou par couple, une main derrière le dos, sur un seul pied, avec trou normand, avec improvisation d'une histoire pour chaque pièce repassée, avec citations ou phrases intégrant le mot fer, le premier qui s'enferre devant continuer le repassage.

 

 

 

 

 

 

 

repassage






Quelle sera la corvée du mois de mars ?

 


 

 

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Published by Olivier de Vaux - dans PROFESSEUR SCHMÜRTZ
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commentaires

Didier Goux 27/06/2010 00:15



Un grand merci pour le lien ! Qui m'a permis de relire un mien billet aussi vide qu'il est possible...



Olivier de Vaux 27/06/2010 07:28



Du coup je l'ai relu avec le même plaisir que la première fois ; ce qui est certain c'est qu'il est "écrit" et il n'a rien perdu de son éclat, alors qu'un contenu aurait pu lui faire perdre son
intemporalité. On peut donc se demander si le compromis n'est pas préférable au contenu. Bon, je retourne au lit.


 



Oncle Dan 20/02/2010 17:06



Espérons que la corvée de mars ne soit pas la première corvée de Pierre


 


Dès que la voiture fut à nouveau dans le bon sens, après notre tête à queue, je profitai d’un élargissement de la chaussée pour me
serrer sur le bas-côté. Les gens qui nous suivaient dans leurs voitures pleines des blasphèmes et des jurons qu’ils proféraient contre nous, purent se changer les idées.


Quant à nous, il nous paraissait primordial et impérieux de s’équiper de chaînes pour que nos roues ne patinent plus sur la
neige.


Chris s’empara nerveusement de la notice de montage dont la simplicité biblique vantée par le fabriquant ne devait poser aucun
problème : Instructions pour l’usage des chaînes à neige avec câble flexible à l’intérieur - Montage sur voiture stationnaire.


Tout allait bien, la voiture était à peu près " station-naire " !


Phase 1 : Étendre la chaîne sur le sol en démêlant les maillons. Les dispositions toutes particulières des
chaînes à neige à s’emmêler de façon inextricable sont bien connues. Elles font cela aussi bien que les fils électriques ou les fils de pêche. Malgré cela, nous parviendrons courageusement, à
l’aide de nos petits doigts gelés, à donner à notre tas de maillons une apparence de chaîne à neige.


Phase 2 : Passer la chaîne derrière la roue du côté de la manille jaune (prise mâle) afin que les deux parties
d’accrochage mâle et femelle se retrouvent à l’extérieur. Sans mauvais esprit ni scepticisme aigu, la phase deux me paraissait déjà plus délicate à mettre en œuvre pour une première
utilisation, d’autant plus que les roues de la voiture stationnaire étaient braquées à l’extrême et bloquées par des plaques de neige glacée. Malgré ces difficultés supplémentaires, et bien que
n’ayant jamais joué à la manille, je parvins après un nombre de tentatives certain, couché dans une neige dont je situe la température très en dessous de zéro, mais dont la blancheur n’avait plus
rien à voir avec OMO ou Ariel, je parvins, dis-je, à faire glisser l’ensemble du dispositif derrière la roue, afin que les deux parties d’accrochage mâle et femelle se retrouvent à l’extérieur.
Cependant, cette manipulation avait quelque peu ré-emmêlé les maillons qui ne me paraissaient pas se trouver dans une position idéale pour aborder la phase numéro trois.


Cependant que j’étais prostré à genoux dans la neige devant la roue, l’air hébété et le regard hagard (Il paraît qu’au Moyen-Âge,
déjà, le supplice de la roue donnait à ses victimes un air hébété et un regard hagard), Chris poursuivait la lecture des stations de mon chemin de croix :


Phase 3 : Lever la chaîne aux trois quarts de la roue et accrocher le câble. Voilà qui fut nettement plus
difficile et qui paraissait même impossible. Il me fallait unir ensemble les deux parties d’accrochage mâle et femelle, et les deux protagonistes étaient plus proches du divorce que du mariage.
Sans mentir, il m’a fallu des trésors de diplomatie et de patience pour que cette cochonnerie de câble daigne se lever aux trois-quarts, et que les deux parties se rejoignent. Heureusement que je
recèle une endurance à toute épreuve, et qu’on ne peut trouver personne plus persévérante que moi. Ce sont mes deux qualités principales après la modestie.


En fait, c’étaient mes deux qualités principales jusqu’au moment où Chris m’a dit :


Phase 4 : Accrocher les deux extrémités vertes de la chaîne. Les maillons de la chaîne avaient exploité
mon inexpérience pour danser la carmagnole, et dans l’obscurité régnante, je n’aurais su dire s’ils étaient verts, bleus, jaunes, ou rouges. Ils étaient tous gris et affreusement gelés. Alors, je
crois que j’ai dit que j’en avais marre, que je laissais tomber, que, de toute manière il y avait encore une douzaine de phases de montage de ces satanées chaînes, et qu’on était encore à la
première roue. J’ai rappelé à Chris qu’il y avait deux roues à l’avant des voitures, et que je ne comptais pas passer le reste de la nuit à faire l’idiot sur le bord du chemin. Je lui ai dit
aussi qu’il suffisait de téléphoner à l’hôtel depuis une cabine téléphonique, et que s’ils voulaient nous voir arriver, ils n’avaient qu’à venir nous chercher, nous et nos bagages. Après tout, le
client est roi, c’est bien connu. J’ai en effet un esprit de décision hors du commun dans de telles circonstances. Je dois vous avouer que c’est ma deuxième qualité principale lorsque je renonce
à l’endurance et la persévérance.


C’est à ce moment-là que Chris a pété les plombs. Elle s’est mise à trépigner, et à proférer des blasphèmes et des injures dont je
n’aurais pas seulement imaginé qu’elles puissent exister. Elle a dit qu’on était des bons à rien, pas même capables de poser des chaînes sur une voiture, en des termes que je voulais vous
rapporter pour que vous saisissiez à quel point il ne s’agissait pas d’invectives banales et courantes, mais de fortes et substantifiques malédictions, compliquées et fort significatives, qui
embrassaient toute la durée de notre existence, s’étendaient même à l’avenir le plus éloigné de notre vie familiale et professionnelle.


Et puis, à la réflexion, je ne peux pas répéter ce que m’a dit Chris. Je manquais peut-être d’entraînement pour le montage des
chaînes, je l’avoue, mais rien n’excuse la violence de langage et la grossièreté d’expression, surtout chez une femme bien élevée...


Les chaînes ne se sont pas fait prier pour réintégrer le coffre de la voiture. Chris, dont la tension prenait de l’altitude, parlait
comme si elle s’était trouvée au bal des pompiers, juste à côté des baffles. Dans son énervement, elle ne retrouvait pas le prospectus de l’hôtel avec son numéro de téléphone et m’accusait de
l’avoir perdu. C’est alors que j’ai eu mon premier infarctus. Personne ne s’en est rendu compte, et je n’ai rien dit, mais en tournant la tête pour vérifier la circulation avant de m’engager à
nouveau sur cette route-patinoire, j’ai senti une raideur dans le cou et comme un coup de poing dans le dos. J’ai toujours beaucoup de mal à exprimer ce que je ressens physiquement, et lorsque
j’explique les subtilités de ma douleur, je sens bien que je lasse mon auditoire.


Un jour, je mourrai devant un docteur endormi.



Oncle Dan 20/02/2010 11:57


Alors là ! Faut l'faire ! 


Olivier de Vaux 20/02/2010 15:33


C'est comme le billet consacré à la sérendipité, il fallait vraiment être serein et pas dépité pour le pondre !


Primavera 15/02/2010 10:02


Je suis complètement dépitée !!!
Pour de vrai, je dois m'attaquer là, tout de suite, après ce commentaire à une pile de repassage, je ne peux pas y louper, je suis vraiment obligée !!!
Mais je n'ai aucune solution parmi vos propositions pour que cela devienne ludique !!!
Je vais quand même trouver quelque chose, peut-être parler à voix haute, dire tout fort tout ce qui me chagrine, faire ma séance de psychanalyse avec mon fer à repasser ???
Cela peut-être une façon de se nettoyer ?
Ménage, corvée pour corvée, autant le faire de partout !
Sur ce, avant d'être moi-même à plat de découragement, je vais défroisser mes articulations et m'y atteler !
C'est important de faire !!!


Olivier de Vaux 15/02/2010 11:51


Pour la séance de psychanalyse, il faut être prudent. Freud distingue deux types de trans-fer, le trans-fer positif et le trans-fer négatif qui peut être la cause de résistances. Et dès lors que
l'analyste est lui-même doté d'une résistance puissante il faut être prudent, veiller à ce que le divan soit loin de la prise, surtout si le courant passe bien entre vous. Et si vous êtes allongée,
assurez-vous tout de même de ce que tout dressé qu'il soit, il reste à sa table de travail.
A défaut d'un analyste, il serait préférable de trouver un fer ailleurs ou alors de laisser Lucie faire. En tous cas j'espère que vous repasserez bientôt par ici.


paysanheureux 13/02/2010 22:31


Je repasserai ! sourire