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16 février 2010 2 16 /02 /février /2010 14:55
On pourrait longuement disserter sur l'utilité de la contrainte en poésie.
Je fais partie de ceux qui donnent la préférence à la prose poétique et qui n'apprécient guère les poèmes prosaïques.
Il faut tout de même admettre que le respect des règles de la versification classique peut apporter parfois des satisfactions aux amateurs de contraintes littéraires.
Amusons-nous un peu avec le sonnet, et plus particulièrement avec le sonnet classique français ; en voici un auquel j'ai ajouté une contrainte supplémentaire, l'acrostiche.


Complètement Sonnet


Alternance de rimes selon un plan précis,

Beauté de la césure qui aère le propos,

Bien calée dans le vers et pleine d'à-propos

Avec toujours en prime une relance du récit ;


Au deuxième quatrain l'espace s'étrécit,

Bientôt pour une rime il faudra faire la peau,

Bon sang mais c'est bien sûr, aux gens de l'Oulipo

Ainsi qu'aux rimailleurs aux vers indécis.


C'est d'autant plus certain qu'un bon sonnet classique,

Complètement français ou sonnet marotique,

Doit respecter toujours le bel abba abba


Et conclure sans faillir par deux jolis tercets

Dont le cc dédé en laisse plus d'un baba

En remplissant son vers sans trop tergiverser.

 



oOo

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Published by Olivier de Vaux - dans MOTS
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commentaires

Quentin 11/01/2011 17:57



Bonjour Olivier. Je tombe par hasard et avec étonnement sur votre blog. Complètement Sonnet, c'est le titre de mon spectacle, depuis septembre 2009, mais ce jeu de mots était des plus
accessibles, c'est sûr ! Si vous êtes dans la région lyonnaise courant 2011, venez donc assister à une de mes représentations... on trouve les infos aisément sur google! En attendant, je me
questionnais juste sur la rythmique de vos vers, j'ai une impression d'irrégularité dans l’alexandrin, mais peut-être que je me trompe ou que c'est un procédé dont j'ignore les fondements,
merci d'éclairer ma lanterne, je reviendrai voir votre réponse dans quelques temps... 


Par avance merci.


Cordialement.


Quent.



Olivier de Vaux 20/01/2011 07:50



Bonjouir Quentin,


Je suis agréablement surpris par ce que j'ai pu apercevoir de votre spectacle sur internet. Bien sûr mon "sonnet" est techniquement dissonant : j'aurais dû pour le moins, remplacer quelques e
muets par des apostrophes. Mais comme il y avait aussi des hiatus et des liaisons dangereuses sans parler de l'alternance entre rimes féminines et rimes masculines, j'ai choisi de le laisser
vivre tel quel plutôt que de l'étouffer à la naissance sous l'oreiller normatif. Je ne suis pas poète et j'avoue que même les plus grands d'entre eux, pour un vers merveilleux en font dix
ennuyeux. Le rimailleur, par contre, le parolier, le chansonnier, m'enchantent souvent avec leurs admirables improvisations, leurs jongleries. Et puis surtout, ils ne se prennent pas au sérieux.
Quant à la Poésie, la vraie, elle n'est pas dans le poème, elle est dans le regard.


Cordial ment.


Olivier



Tant-Bourrin 03/12/2010 20:53



On croise sur le net de bien curieux oiseaux.
Est-ce un rêve éveillé ? Un abus de picrate ?
Qu'attend-on pour créer, vite, une norme ISO ?
La poésie aussi a de beaux technocrates !


 


Olivier, tu n'avais qu'à affirmer que tu pratiques la "césure épique" : la critique initiale tombait d'elle-même ! :~)



Olivier de Vaux 03/12/2010 21:18



Ah la belle rime picrate/technocrate !


Depuis que j'ai découvert le porc salut je ne peux vraiment plus dire qu'il n'y a de porc qu'épique !



Olivier de Vaux 03/12/2010 19:29



Bel échange. Malgré l'apparente impossibilité de voir les deux protagoniste s'entendre, je crois qu'ils le pourraient à condition qu'ils lisent l'article POESIE du Dictionnaire Culturel en langue
française (le Robert sous la direction d'Alain Rey). La poésie est multiple, fort heureusement, elle évolue, pas toujours heureusement, c'est vrai, mais elle EST !


 



Darius Hyperion 03/12/2010 17:58



Je vais être grossier, mais bon : selon votre définition, n'importe quel fou furieux qui connaîtrait un moment d'extase en se promenant à poil avec son slip sur la tête dans la rue est un poète.
Les "poètes" et autres "artistes" de façon générale du XXème siècle ont réussi à nous faire croire ça.
Non, nous ne sommes pas d'accord.



Saoulfifre 03/12/2010 17:33



Et bien nous sommes enfin arrivés à un terrain d'entente : poésie ou non ? Une simple question de goût d:^), mais une fois qu'on a dit ça, on est pas plus avancé.


 


Ma définition, très exigente, m'arrange en ce sens que j'ai connu de ces instants merveilleux qui portent le nom d'inspiration. Les mots sortent comme par magie, sans controle volontaire, sans
drogue, ce sont des moments où l'on découvre avec étonnement des choses sur soi-même, où l'on regarde son œuvre comme quelque chose d'extérieur à soi. Je ne me prend pas pour autant pour un
poète, je me qualifie d'auteur de chansons, mais oui, j'ai connu des instants de poésie.


 


Sur Blogbo, j'en ai publié quelques uns. Je ne dis pas que c'est extraordinaire, les goûts et les couleurs, les coups et les douleurs, n'est-ce pas, mais contrairement à Rimbaud, je ne raturais
pas, je peux vous montrer les brouillons, et en maximum une heure, c'était sur le papier. C'est ce que j'appelle de la poésie, et ma définition est précise. Elle n'est pas synonyme de qualité,
qui est subjective et relative. Victor Hugo, qui écrivait sa centaine de vers journaliers droit devant le lutrin, me semble relever de cette définition.


 


http://blogborygmes.free.fr/blog/index.php/2005/10/05/110-l-amuuuuuuuur


 


http://blogborygmes.free.fr/blog/index.php/2006/09/05/440-si