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9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 12:00

"A l'aide !"

Non je n'ai pas rêvé, on a appelé à l'aide. J'enfonce ma bêche dans la terre fraîchement travaillée, me redresse .... "A l'aide !"

Bon sang, quelqu'un a dû faire une chute dans un ravin de la châtaigneraie, j'y vais ! Aussitôt ma décision prise je descends au pas de course jusqu'au torrent que je traverse un peu trop vite par le passage à gué. Résultat, un fond de culotte mouillé, un ongle cassé et une botte remplie d'eau, qu'il me faut vider et rechausser, au milieu des orties, avant d'entreprendre la grimpette du versant nord de la forêt. Quelle direction prendre ? Le bruit de l'eau couvre les appels pour l'instant. Alors, tout droit jusqu'à ce que je puisse m'orienter de nouveau à l'oreille. C'est bien joli, tout droit, mais c'est pas la Beauce ici, c'est le  Haut-Vallespir : des pentes abruptes, des rochers, des arbres, de rares terrains en terrasses, reliquat d'une époque où chaque arpent de terre était cultivé malgré l'absence de chemins et l'inutilité des bêtes de somme, trop lourdes pour ces minuscules langues de terre à flanc de montagne. Je monte donc comme je peux entre les pieds de châtaigniers, tombant parfois sur un nid de cèpes bais ou sur une procession de girolles. Je reviendrai peut-être vous cueillir leur dis-je en passant, mais pour l'instant il vaut mieux ne pas s'attarder. Cette fois je tombe ... tout court ; aïe, la cheville, non ça va, rien de sérieux. "A l'aide, a l'aide !" Ah, je crois que les cris viennent du ravin de la source. Bon, il faut redescendre par la coulée, traverser et remonter sur le flanc droit. C'est sûrement un ramasseur de champignons qui s'est déboîté un genou ou cassé une jambe ; avec une entorse on arrive toujours à marcher à condition de ne pas s'arrêter. "A l'aide !" Tiens, on dirait que les cris ne viennent plus de la source mais plutôt de l'ancienne tombe, bizarre. Bon, on verra plus tard, fonçons droit devant ; merde, je n'avais pas vu cette ronce, ah la vache, elle ne m'a pas loupé, j'ai une belle balafre, bien cuisante, j'enlèverai les épines plus tard. "A l'aide !" J'approche, je ne vois toujours rien dans ce fouillis de feuilles et de troncs mais les cris se rapprochent. Et merde, une racine, bien planquée par les feuilles et me voilà à plat ventre ; purée, dans la chute j'ai pété mes lunettes ! Je  suis à bout de souffle, mon palpitant cogne dans ma poitrine mais je repars malgré tout, empochant les débris de lunettes, oubliant le pantalon trempé, les plaies et les contusions.

Cette fois j'y suis presque ! Et c'est alors que j'entends très distinctement : "Arlette, Arlette !" et nettement moins fort mais bien audible malgré tout : "reviens Arlette, reviens. Pourquoi tu m'as quitté ? Arlette ! Arlette !"

 

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Published by Olivier de Vaux - dans TEXTES
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commentaires

Olivier de Vaux 13/03/2010 13:56


@ Croukougnouche : les deux protagonistes auraient eu l'air aussi con l'un que l'autre s'ils s'étaient rencontrés. Zorro a fait demi-tour et est allé penser ses plaies en riant et en pestant à la
fois.


croukougnouche 12/03/2010 20:36


ben alors??? le dénouement??? on veut!!
suspense....
arghhhhh!


Epaminondas 10/03/2010 11:21


Faisez bien attention à quoi vous disez sur Arlette, c'est ma mère!


Tant-Bourrin 09/03/2010 18:43


:~)))

Et si, un de ces quatre, tu entends crier "au secours", ni va pas : c'est Arlette qui appelle Oscar ! :~)


Saoul fifre 09/03/2010 15:08


Sûrement une bêcheuse ! Elle serait pas partie, tu aurais pu l'embaucher d:)   ---[]